Échange petit appartement contre grande histoire d'amour

Premières pages de Échange petit appartement contre grande histoire d'amour.

Leo m’avait pourtant prévenu : s’il y a une compagnie aérienne à éviter c’est justement celle-ci… Pourquoi est-ce que je ne l’ai pas écouté ? Pour gagner trente euros, je nous ai mis dans une situation délicate. C’est tout moi… A croire que je le cherche… Quatre heures de retard, déjà… Je n’arriverai jamais à temps ! On a embarqué dans l’avion, certes, mais rien ne bouge. On reste désespérément cloué au sol. Si encore il y avait en cabine une équipe de footballeurs en jogging moulant, je pourrais me changer les idées et cesser de stresser… Mais autour on ne trouve rien d’autre que des familles, avec dans le lot une proportion anormalement élevée de bébés pris de sanglots stridents.

Ce n’est pas tout malheureusement : depuis quelques minutes les rumeurs les plus folles commencent à circuler. Certains passagers assurent avoir capté des conversations entre hôtesses de l’air. Non seulement notre vol serait annulé mais, plus désespérant encore, le projet de la compagnie serait d’en affréter un autre dans deux jours seulement ! Depuis combien de temps est-on assis sur nos sièges, avec injonction de garder la ceinture attachée, mais que rien n’avance ? Dans les allées de l’avion, ça gesticule de plus en plus et je ne donne pas cinq minutes aux passagers les plus virulents pour exploser définitivement. Au moins, il se passera quelque chose… Tout un groupe, trois rangées derrière moi, demande des explications avec de plus en plus de véhémence. Ça va mal finir… Le membre d’équipage qui recevra la tâche ingrate de nous informer de nos déboires, si le vol est annulé, va se faire lyncher. Si tout cela n’était sur le point de me mettre dans une situation très compliquée, je compatirais pour lui… Mais j’ai rendez-vous à Barcelone, et si on ne décolle pas dans les cinq prochaines minutes je ne pourrai jamais arriver à temps pour croiser Leo et échanger les clés avec lui. Où passerai-je les vacances, si je ne peux pas entrer dans son appartement ?

Ah, il m’envoie un message justement ! Il vient d’arriver à l’aéroport de Barcelone et va se renseigner pour savoir à quelle porte je dois débarquer. Selon lui, en sortant de l’avion là-bas on est directement propulsé dans les halls d’embarquement, et nous pourrons donc nous croiser, moi sortant de mon vol et lui s’apprêtant à prendre le sien. Il n’a pas l’air de trop s’inquiéter, puisqu’il m’envoie toute une floppé d’émoticônes morts de rire. Il ne semble pas se rendre compte que si jamais j’arrive trop tard, ce sont des vacances de SDF qui m’attendent. Lui au moins pourra récupérer à Marseille le double de mes clés, qui reste en permanence chez Raphaëlle. Quoi qu’il arrive, il aura un toit. Mais moi ? Est-ce que lui aussi a pensé à laisser des clés chez des amis, au cas où ? Sait-on jamais… Et ses amis, ils sont mignons ? Parce que dans ce cas, ce retard pourrait se transformer en une bénédiction…

Un autre message ! Si jamais il doit embarquer avant que j’atterrisse, il laissera ses clés à un point d’information de l’aéroport, dont il m’enverra l’emplacement précis. Il est dégourdi, ce garçon ! Moi, honnêtement, je n’aurais jamais pensé à cela. Il faut avouer que je manque d’esprit pratique, ce n’est pas ma qualité principale… D’ailleurs, maintenant que j’y pense, quelle est ma qualité principale ? Je ne vois pas trop… Ce serait pas mal que j’y réfléchisse pendant les vacances. Je n’aurai rien d’autre à faire que m’allonger sur une serviette de plage, alors ça m’occupera. Je suis sympathique, ça c’est une bonne qualité. Original aussi, peut-être… Ou plutôt surprenant. Oui, c’est ça, je suis surprenant plus qu’original. Enfin, rien de fou non plus… Surprenant, mais dans les normes… Pas si simple de me trouver des qualités, décidément… Décontracté, ça c’est clair ! Je ne suis pas comme tous ces fous autour de moi en ce moment dont on sent qu’ils sont sur le point de prendre le pilote en otage pour l’obliger à décoller. Ceci dit, pour le coup, mon insouciance est mise à rude épreuve depuis quatre heures. Pour une fois, je suis inquiet moi aussi.

A bien y réfléchir, me qualifier de décontracté est tout à fait exagéré. Je panique quand je monte dans un ascenseur ou que je croise un chien dans la rue, et je suis de très mauvaise humeur lorsque j’ai faim ou que je reste plusieurs semaines sans faire l’amour. Non, décidément, la décontraction n’est pas ce qui me caractérise le plus. Pas de panique, j’ai un mois de vacances pour réfléchir à la question, je finirai par me trouver tout un tas de qualités en or

La bonne nouvelle, en tous cas, c’est que grâce à l’esprit pratique de Leo rien ne sert de s’affoler. J’aurai un moyen de récupérer ses clés, et donc un toit au-dessus de la tête pour les vacances. Je peux respirer et me détendre, je suis en vacances après tout ! Difficile toutefois de rester zen dans cette ambiance survoltée : maintenant, ce sont véritablement des cris qui retentissent dans la cabine. Un gros barbu est debout et refuse de s’assoir. Il hurle qu’on lui doit des explications, et je ne lui donne pas deux minutes pour envoyer un uppercut au steward qui tente désespérément de le calmer. Si ça dégénère ainsi, c’est sûr, on ne décollera jamais ! Autant me faire une raison, je ne croiserai pas Leo… Dommage… Au-delà de l’aspect pratique de l’échange de clés, j’aurais aimé le connaître un peu. Après tout, je vais vivre chez lui pendant un mois, et lui chez moi… Ç’aurait été mieux de ne pas rester deux parfaits inconnus entrés en contact suite à une annonce, et n’ayant échangé guère plus que quelques conversations pratiques par messages interposés. Notre idée de base pourtant était bonne : entre mon arrivée à Barcelone et son départ, il y avait cinq heures de flottement. Ça nous donnait un temps largement suffisant pour partager un café et faire connaissance. Nous nous serions sentis chacun plus rassurés en ayant une idée plus précise de la personne qui va vivre chez nous en notre absence. On aurait pu aussi se refiler de bonnes adresses, moi à Marseille et lui dans son village de bord de mer. Mais au final, on ne saura même pas à quoi l’autre ressemble physiquement…

Nos esprits sont connectés, ou quoi ? Il m’envoie justement sa photo, afin que je le reconnaisse dans la salle d’embarquement si j’arrive à temps. Il vient de la prendre dans une cafétéria de l’aéroport. Il donne l’impression d’être plutôt du genre sérieux, voire très sérieux… Des lunettes épaisses, une barbe de trois jours, une chemise à carreaux avec des bretelles, un chapeau… Il n’a probablement pas encore passé la barre des trente ans, mais s’habille comme s’il en avait cinquante ! Un intellectuel dans toute sa splendeur, qu’on se représente plus facilement dans une bibliothèque que dans une boite de nuit… Mais c’est loin de me déranger. J’ai toujours eu un faible pour les hommes sages et raisonnables, et l’espoir qu’ils parviennent à me stabiliser et me calmer, comme si c’était contagieux. Et puis, il est très mignon… Si je suis honnête, ça compte beaucoup plus pour moi que le caractère. Me voilà démasqué, tiens ! Je suis un être superficiel… C’est vrai, je ne peux pas le cacher : j’accorde le plus souvent beaucoup plus d’importance au physique qu’au reste, en tous cas dans un premier temps… Et après ça, je m’étonne d’être malheureux en amour…

Il a un regard particulièrement doux, je trouve. J’ai toujours aimé ça, les regards doux… Mais il ne me donne pas du tout l’impression d’être homo, ça ne sert à rien de fantasmer sur son sort. Et puis à quoi bon, de toutes façons ? Si ça continue comme ça, on sera amenés à ne se croiser qu’une seule fois, à Marseille, à la fin des vacances. Selon nos calculs, je devrais arriver chez moi une heure avant qu’il parte pour l’aéroport. Mais si mon avion de retour prend lui aussi du retard, il est possible que nous nous rations pour la seconde fois consécutive… Qu’il soit homo ou pas, donc, ça ne change rien. Inutile de rêvasser à son propos. Pourtant, je dois bien avouer qu’il m’est arrivé régulièrement ces derniers jours dimaginer de belles aventures, avec cet étrange inconnu. Pas plus tard que cette nuit, je me suis projeté mentalement pour m’endormir une belle histoire d’amour : un coup de foudre lors de notre premier rendez-vous à Barcelone, puis un mois à nous morfondre chacun dans l’appartement de l’autre, et enfin notre premier baiser à Marseille, au moment où l’on devrait se dire adieu.

Bon… Ça c’était le songe romantique au moment de m’endormir, mais une fois la nuit passée il s’était nettement transformé. En me réveillant ce matin, mon esprit avait clairement changé de registre. J’étais passé de la douce rêverie de télénovela à un film porno presqu’hardcore… Après nous être plus mutuellement à Barcelone, nous nous sautions dessus un mois plus tard lorsque j’arrivais à Marseille, et vivions dans mon appartement une heure de frénésie sexuelle absolument inoubliable. Et bien entendu sans lendemain… Voilà qui résume parfaitement ma situation : j’aimerais un jour vivre une grande histoire d’amour, mais je n’expérimente jamais rien d’autre que des coucheries d’un soir…

Je me doutais que ça finirait par arriver : l’hystérie. Plusieurs passagers ont pris le relais du gros barbu et se sont levés à leur tour. Ils crient et assurent au bord des larmes qu’ils n’en peuvent plus. Ils exigent des explications immédiates et menacent le poing en l’air, sinon, de détruire l’avion. Un homme d’une cinquantaine d’années tente de faire taire tous les autres. Et lorsqu’enfin il parvient à se faire entendre, c’est pour affirmer avec un air solennel et la main sur le cœur que, si on ne décolle pas d’ici dix minutes, il succombera à un infarctus. Même le gros barbu ne peut s’empêcher de sourire devant une telle exagération. Personnellement, je doute que tout cela nous aide à prendre le chemin de la piste d’envol… Un autre type plus loin prévient sa femme : « Si on nous annonce que le vol est annulé, je refuse de quitter l’avion. Je resterai cloué à mon siège jusqu’à ce qu’on décolle ! » D’autres, devant moi, s’échangent des adresses de pages internet spécialisées dans la réclamation d’indemnités en cas de retard prolongé. Il semblerait qu’on y ait droit et que ces agences obtiennent de meilleurs résultats que si on tente soi-même les démarches. Je prends note. Les vacances commencent mal, mais si le voyage peut être remboursé c’est bon à prendre.

Il faudrait que j’envoie moi aussi une photo à Leo, pour qu’il puisse me reconnaître si j’arrive à temps. Je sens qu’il va être compliqué d’être photogénique… Après une nuit trop courte, quatre heures d’attente dans l’aéroport, et maintenant engoncé dans un siège d’avion sous une lumière blafarde, il va être difficile de me faire passer pour un bogosse. Je ne voudrais pas lui donner une mauvaise impression ni le couper dans ses fantasmes, au cas où il en ait à mon égard… Je suis idiot ou je le fais exprès ? Il a tout d’un hétéro pur jus, il n’a aucune raison de fantasmer sur moi ! Cette manie qui est la mienne de confondre mes désirs avec la réalité… Peu importe, je vais prendre trois ou quatre selfies, et si aucun n’est convaincant je piocherai dans ma galerie.

Quelle catastrophe ! Je ressemble à un zombie ! On a l’impression que j’ai des cernes énormes sous les yeux… Aucun doute possible, la galerie… Je vais lui envoyer une photo sur laquelle je souris, il faut lui donner confiance. Je vais tout de même passer quatre semaines chez lui, mieux vaut ne pas l’effrayer… Malheureusement, le secret pour paraître beau sur une photo, c’est de tirer la tronche. Tous les mannequins le savent, de même que les garçons dans mon genre, ni beaux ni laids mais habitués aux applications de rencontres : on reçoit beaucoup plus de messages quand on donne l’impression d’être revenu de tout… Poser en prenant des airs de grand dépressif, c’est de loin la stratégie de drague la plus efficace.

C’est terrible ! Sur tous les clichés où je souris, j’ai l’air d’un benêt. Du genre gentil mais sans aucun sex appeal… Heureusement, il me reste la photo magique, celle qui me sauve habituellement de ce genre de situation… Mon fameux selfie sur la plage de Cabourg. Il a déjà trois ans, il n’est plus vraiment d’actualité, mais il est le seul où je parais intéressant sans avoir besoin de me faire passer pour un serial killer. Un regard pensif et profond, une attitude naïve et un peu fragile… N’importe quelle personne normalement constituée aurait envie de me prendre dans ses bras en me voyant ainsi… Et puis surtout, je donne l’impression de poser pour un magazine de mode. Mes cheveux châtains brillent d’une multitude de reflets dorés, et mes yeux sont tellement clairs face au soleil couchant qu’ils paraissent verts plutôt que marrons. Et il y a aussi ce détail évocateur du léger débardeur. En dessous, ma peau est joliment bronzée et paraît incroyablement douce. C’est sexy. Enfin… Je crois… J’espère…

Léo ne répond pas. En même temps, qu’est-ce que j’attends ? Qu’il dise que je suis mignon ? On n’est tout de même pas sur une application de rencontres ! Ah, il finit par envoyer le pouce en l’air. Ça signifie que je lui plais, ou c’est simplement pour me remercier ? C’est un peu ambigu, je trouve… C’est fou ! Je manque vraiment de confiance en moi ! Même avec un inconnu à l’allure d’hétéro, j’attends qu’il se passe quelque chose et qu’un jeu de séduction se mette en place. Je n’étais pas comme ça, avant… Je n’étais pas à ce point sensible au regard des autres, je ne ressentais pas autant le besoin de plaire. Je crois que cette année j’ai beaucoup perdu confiance en moi. C’est la faute de mon nouveau chef, ce fils de… Il est parvenu à me faire douter complètement. A force de me répéter que je ne suis bon à rien et que je ne donne pas envie aux clients d’aller vers moi, il a mis à bas toute mon estime de soi… Lui, et aussi ces deux histoires consécutives où je suis tombé amoureux de garçons qui ont disparu du jour au lendemain sans daigner me donner de nouvelles. Eux aussi, ils sont parvenus à me faire douter complètement de mon charme… De quel charme, au fait ? Ça aussi, ce serait pas mal d’y réfléchir sur ma serviette de plage : en quoi consiste mon charme, si jamais j’en ai ? Ces longues vacances vont me faire un bien fou ! Être seul pendant quatre semaines, en retrait complet de ma vie quotidienne, va me permettre de reprendre contact avec moi-même et de me sentir plus sûr de moi. En attendant, ce serait pas mal de regarder à nouveau la photo de Leo… Non, vraiment, aucun doute possible ! Il est hétéro. Pas dans le style macho, loin de là, mais il aime les femmes, ça se sent. Si je continue à fantasmer sur lui, c’est que je suis un cas désespéré.

Ah, les moteurs vrombissent ! On avance ! Vite, je le lui annonce avant de devoir couper le téléphone. J’espère arriver à temps. Je suis curieux de le voir, tout de même…

***

Moi qui d’habitude après l’atterrissage attends sagement sur mon siège que tout le monde ait quitté l’avion, afin d’éviter la cohue, me voilà debout au milieu des hystériques alors que les portes sont encore fermées. Il est 14h30, c’est justement l’heure où Leo doit embarquer. Il répond à mon message ! Il est dans la file d’attente pour monter dans son avion, porte 43. Il y a peut-être encore moyen de le voir…

Il est là, je le reconnais ! Plus grand que ce que j’imaginais. Et plus mignon que sur la photo, aussi… Beaucoup plus mignon, même ! Mais hétéro, j’en mettrais ma main à couper. Je n’imaginais pas qu’il soit timide, ses messages étaient décontractés. Et pourtant, son petit geste de la main est tout pudique, par rapport au mien. Ça ne lui plaît peut-être pas qu’on nous voit ensemble ? Je ne dois pas lui plaire… Ou alors on voit tout de suite que je suis homo, et ça le gêne… Il me sourit tout de même avec gentillesse, il est probablement timide plus qu’autre chose.

Tu es Leo, c’est bien ça ?

Oui, enchanté Jonathan. Tu as pu arriver à temps, finalement ! J’avais laissé les clés au comptoir qui est là-bas, j’ai donné ton nom à l’employé qui y est assis. La plus grosse est pour entrer dans l’immeuble, et les deux autres pour la porte de l’appartement.

Tiens, moi je te donne les miennes. C’est exactement pareil. La grosse pour l’immeuble, les deux petites pour l’appart. J’ai laissé les indications sur la table, pour internet et tout ça… Dommage qu’on n’ait pas eu le temps de discuter et se connaître.

Oui, c’est rapide ! J’espère que tu te sentiras à l’aise chez moi. L’appartement est un peu vieux, mais il est tranquille et à deux minutes de la mer. Sers-toi dans les placards, fais comme chez toi. Par contre, il faut penser à couper la chaudière quand tu ne l’utilises pas. Elle est très vieille et fonctionne au gaz, mieux vaut être prudent. Et il faut arroser les plantes, normal… Je voulais te donner les bonnes adresses pour sortir et manger, mais comme on n’a pas le temps je te les enverrai par téléphone. Bon… Comme tu le verras le village est petit. Il n’y a pas des milliers de bars ou de restaurants non plus… Tu as bien gardé mes indications pour arriver là-bas ? Tu prends le bus depuis l’aéroport, et quand tu arrives au terminus, à Barcelone, tu prends le train. Et ensuite un autre bus… Il faut compter deux heures, en tout… C’est reculé, mais c’est mignon. Tu as tout ce qu’il faut ?

Oui, j’ai toutes les indications dans le téléphone. Ça devrait aller.

J’ai peur que tu t’ennuies. Comme je te l’avais dit dans mes messages, même en plein été c’est hyper tranquille. Il n’y a quasiment que des vieux, et pas grand-chose à faire.

C’est justement ce qui m’a plu dans ton annonce. Je voulais passer un mois dans un endroit retiré du monde, au bord de la mer. Me vider la tête et bronzer comme jamais. C’est parfait.

J’espère que tu ne regretteras pas. Si tu as le cafard, tu peux toujours aller à Barcelone passer la journée. Ce n’est pas la porte à côté, mais ça change les idées. Moi, je suis content de découvrir Marseille, je n’y ai jamais mis les pieds. C’est plein de vie, visiblement… C’est un peu le contraire de toi, je cherche un endroit où il se passe des choses.

Sur la table de la cuisine, je t’ai laissé plein de cartes de visites. Ce sont les lieux sympas pour aller boire un coup, manger, voir un concert… Tu ne vas pas t’ennuyer !

Génial !

Tu parles parfaitement français, en tous cas.

Merci, ma mère est française, et c’est là-bas que j’ai passé les premières années de mon enfance… Quand on se croisera au retour, on parlera en espagnol. Tu auras un peu appris, j’imagine.

C’est pas gagné, les langues et moi on n’est pas très amis. En plus, je suis d’un naturel paresseux, alors surtout en vacances je suis bien décidé à ne rien faire du tout. Apprendre l’espagnol, donc, n’est pas forcément au programme…

Ça va être mon tour d’embarquer, désolé que ce soit si rapide. Enchanté de t’avoir connu, on se tient au courant. Envoie-moi un message quand tu es arrivé chez moi, pour que je sache que tu as pu trouver et que tout va bien.

Idem…

Il est sérieux, mais son accolade pour me dire adieu est chaleureuse. Ça doit être le côté espagnol, ils sont en général moins distants que les français, plus tactiles. C’est mignon de le regarder jusqu’à ce qu’il disparaisse, comme si on était de vieux amis, ou en couple. Il me fait même un petit signe d’adieu, en se retournant vers moi. Aucune illusion à avoir, cependant, il a une pure démarche d’hétéro… C’est dommage, il a un certain charme… Un peu froid à mon goût, tout de même. Non, pas froid… Comment dire ? Coincé. Non, pas tout à fait non plus. Poli ! C’est ça ! Il est trop poli. Ça le rend légèrement rigide, pas du tout décontracté. A moins qu’il soit simplement timide… Bref, physiquement pas mal du tout, mais plutôt difficile à dérider. Je suis méchant, il est sympa comme tout. En d’autres circonstances, il aurait été idéal pour une nuit sensuelle. J’aurais signé sans réfléchir. Il est grand, joli visage, yeux noirs assez profonds, barbe de quelques jours plutôt charmante, corps mince et sec…

C’est terrible ! Ça fait des mois que je sens un immense ras le bol des histoires de cul sans lendemain, mais dès que je croise un type mignon je me dis qu’il serait parfait pour une nuit, sans rien de plus ! De toutes façons, pendant les vacances je risque de vivre comme un moine. Si comme me l’assure Leo il n’y a que des vieux dans ce village, je ne risque pas de me fatiguer de mes petites coucheries trop vite oubliées ! Ça va m’aider à me centrer sur moi-même. J’irai à la plage tous les jours, et je passerai mon temps à regarder les mouettes dans le ciel. Ça va me faire une bonne coupure… Mais il ne faut pas désespérer : même au milieu de tous ces retraités, il y aura peut-être quand même un ou deux garçons avec lesquels faire connaissance.

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