Mon joli monstre

Premières pages de Mon joli monstre

C’est un timide, ça se voit tout de suite. D’emblée il se gratte la nuque, et baisse les yeux. Il est petit, ça je le savais déjà. Sa mère, sans que je comprenne bien pourquoi, me l’avait dit au téléphone : « Vous verrez, il est gentil. Il est tout petit, malgré ses 18 ans, et il ne ferait pas de mal à une mouche. Vous n’aurez pas de souci avec lui. » A ma grande surprise, il a l’air soulagé que je vienne. Je m’attendais à ce qu’en voyant l’heure passer et mon retard augmenter, il se mette à espérer que j’aie oublié notre rendez-vous. La plupart des élèves auxquels j’ai eu affaire jusque-là réagiraient ainsi, en tous cas. Mais lui, non. Il est peut-être de ceux qui veulent vraiment s’en sortir. Je le saurai vite, de toute façon.

Il hésite un peu, comme s’il ne savait pas quoi dire, et je lui fais signe du regard qu’il pourrait me faire entrer. Il s’exécute en effectuant un pas de côté, et je me glisse dans l’ouverture de la porte. A l’intérieur, pas de surprise. C’est un pavillon comme tant d’autres. La cuisine d’un côté, de l’autre l’escalier, et derrière un séjour avec une grande table et un coin salon, dans lequel trône la télé. Quelques plantes, un aquarium, et la décoration s’arrête là. On est dans un pavillon de banlieue comme tous les autres, visiblement très calme. Je demande à Julien de m’excuser pour mon retard, et lui explique que je me suis perdu dans les rues de la résidence, toutes identiques. Il répond par un sourire compatissant, et je sens qu’il cherche ses mots. Il aimerait ajouter un commentaire, mais manque d’inspiration. Il est vraiment très timide. Je sens que ce sera à moi de briser la glace, alors pour parler de quelque chose, je lui demande s’il est seul chez lui. Suite à sa réponse affirmative, je l’interroge sur l’existence de frères et sœurs, et il m’apprend qu’il est fils unique. Chaque fois, il répond avec le moins de mots possibles. On ne sent chez lui aucune hostilité, mais simplement de la gêne.

En attendant qu’il prenne l’initiative de m’emmener là où nous travaillerons, je l’observe un peu. A n’en pas douter, il est parmi les élèves les plus petits de sa classe, effectivement, mais il n’est pas rachitique pour autant. On devine qu’il fait du sport régulièrement. Il a très un beau visage avec des cheveux blonds et courts, mais il donne l’impression d’en avoir honte, puisqu’il détourne la tête dès qu’on le regarde. Les timides m’ont toujours désarçonné. Moi qui n’ai aucun problème pour parler à des inconnus, je ne sais jamais comment m’adresser aux personnes timorées. J’ai peur en leur parlant trop directement de les embarrasser, mais d’un autre côté j’ai beaucoup de mal à laisser s’instaurer les silences. D’ailleurs, je demande à Julien où nous nous installerons, et sans ouvrir la bouche il me montre du doigt l’escalier et se dirige vers lui. Je le suis, et après le premier étage d’autres marches — très étroites — mènent à des combles aménagés. Je lui demande s’il s’agit de sa chambre, et il me répond simplement « Oui ».

Je suis surpris par l’ordre qui règne dans la pièce. Rien ne traîne. Plus rare encore, les murs sont vierges de toute décoration. Aucun poster ni souvenir d’aucune sorte. Rien que des murs blancs et aucun objet qui ne soit fonctionnel. Un lit double est posé directement au sol, contre le mur du fond, et sur un côté on trouve un bureau assez grand avec un ordinateur. Le plafond est bas et suit les formes du toit, en descendant sur les côtés. Il est possible de se tenir debout au milieu, mais dès qu’on s’approche des bords on est obligé de se baisser. Moi qui aime bien en entrant dans la chambre de mes élèves pouvoir découvrir d’un coup d’œil à qui j’ai affaire, je suis pris au dépourvu. Rien dans la pièce ne permet d’avoir la moindre indication sur la personnalité de Julien, mis à part le fait qu’il est discret.

Il se rend compte avec une légère panique qu’il a oublié d’installer une chaise pour moi. En me demandant de l’excuser, il disparaît donc pour aller en chercher une. Il court un peu jusqu’à la porte, puis doit ralentir en descendant l’escalier, bien trop raide et étroit pour pouvoir s’y engouffrer rapidement. J’en profite pour continuer d’observer la chambre, à la recherche du moindre détail sur son occupant. Une pointe de nostalgie m’envahit en repensant à Mathias, à qui j’avais donné des cours pendant quelques mois il y a deux ans. Outre une immense photo de David Bowie au-dessus de son lit, j’avais immédiatement remarqué un verre, sur sa table de nuit, peint aux couleurs du drapeau arc en ciel. J’avais vite tiré profit de cette information, et à la fin du premier cours nous échangions déjà notre première fellation. Sans le savoir, ses parents m’ont payé pendant tout un trimestre pour donner des cours de soutien scolaire à leur fils, mais nous ne faisions rien d’autre que nous embrasser, nous caresser, et nous culbuter mutuellement. Evidemment, au vu de l’absence d’amélioration dans les notes, ils ont vite cessé de faire appel à mes services. Rien ne me laisse penser qu’il en sera de même avec Julien. Plus qu’hétéro, il semble surtout ne pas avoir de sexualité. Sinon, il ne serait pas aussi timide et coincé. Et puis, même s’il est mignon, il ne m’attire pas spécialement. Dernièrement, je suis plutôt attiré par des hommes un peu plus âgés que moi, et même le plus souvent poilus, voire même avec une légère bedaine. Mon nouvel élève en est l’opposé exact.

Il revient, en s’excusant trois fois pour ne pas avoir pensé plus tôt à la chaise, et nous nous asseyons l’un à côté de l’autre face au bureau. Il a le visage rouge, et je ne sais pas si cela est dû aux efforts pour descendre et remonter les escaliers, ou bien à sa gêne à mes côtés. J’aurais envie de le rassurer en lui expliquant que je ne vais pas le manger tout cru, mais cela l’embarrasserait plus encore, à n’en pas douter. Je m’abstiens donc de tout commentaire, et lui propose directement un premier exercice. Afin de nous connaître un peu, et de me faire une première idée de son niveau de rédaction, je lui demande de prendre cinq minutes pour écrire sa propre présentation. Il devra m’expliquer qui il est, quelles sont ses aspirations dans la vie, et ce qu’il aime faire. Il obéit et se saisit d’un crayon et d’une feuille. Mais me sentir à côté de lui l’intimide, et je décide donc de me lever de ma chaise pour aller me mettre debout sous un vélux. Je regarde un peu le ciel, tandis que Julien commence à écrire, puis je vais m’assoir sur le lit et m’occupe un peu avec mon téléphone pour lui laisser le temps de réaliser son premier exercice.

Au bout de cinq minutes, je le presse de terminer, puis après un petit délai je me lève et lui demande de me lire son texte. Avant de s’exécuter, il balbutie et m’explique qu’il n’a pas eu beaucoup de temps ni d’inspiration. Puis enfin, il se met à lire :

« Je suis Julien, j’ai 18 ans et suis élève en première littéraire. Je ne sais pas trop ce que je voudrais faire dans la vie. J’hésite entre des études de cinéma et d’histoire. J’aime beaucoup regarder des films, et les voyages. Je joue au tennis. »

Il arrête là son récit, et baisse les yeux en m’avouant que c’est court. Je confirme avec un sourire, et pour le rassurer je lui explique que se présenter n’est pas un exercice aussi simple qu’on pourrait l’imaginer. Pour lui donner un peu plus d’idées, j’improvise à mon tour ma propre présentation :

« Il y a 24 ans, au moment de ma naissance, mes parents ont eu la mauvaise idée de m’appeler Maxime. Depuis ce moment, je dois supporter le diminutif de Max, qui me paraît froid et sec, alors que je suis au contraire d’un naturel chaleureux et volubile. Je suis étudiant en master d’économie, mais je ne suis pas certain de vouloir travailler dans ce domaine plus tard. J’ai des doutes, et la coopération internationale me tente également. J’aimerais me sentir utile aux autres, mais ce n’est pas facile de trouver sa voie. Je loge dans la résidence universitaire de St Quentin en Yvelines, à 20 minutes d’ici, mais suis originaire de Poitiers, qui ne me manque absolument pas. J’ai tendance à ne jamais m’ennuyer, et trouve toujours quelque chose à faire. Lire est une grande passion chez moi, mais aussi aller me promener à Paris, prendre des photos, et passer du temps en forêt, que ce soit à pieds ou en vélo. Je suis une personne plutôt sociable, et me lie facilement d’amitié avec les autres. Je ne pratique aucun sport de manière intensive, mais suis toujours en mouvement… Tu vois, en brodant un peu il est possible de brosser un portrait un petit peu plus personnel et étoffé. Le secret, c’est qu’il ne faut pas avoir peur de se lancer. »

Il me regarde comme s’il venait d’être recalé, et je n’aime pas ça du tout. J’ai déjà suffisamment de mal à m’adapter à sa timidité pour ne pas devoir accepter en plus cette résignation. Je sens qu’il faut lui donner confiance, en lui expliquant comment je vois les choses. Nous n’avancerons pas s’il reste aussi craintif.

Tu sais, Julien, ici entre nous il n’y aura jamais de note ni d’évaluation. Ça, c’est bon pour le lycée, mais pas ici. Tu n’as pas à avoir peur de faire des erreurs, avec moi. Au contraire, en français c’est mieux de se lancer. Il faut de la créativité. Est-ce que tu peux m’expliquer pourquoi ta famille a fait appel à moi. C’est ton idée, ou celle de tes parents ?

— C’est plutôt une idée de mes parents, mais je suis assez d’accord avec eux. Cette année, il y a le bac français et comme mes notes ne sont pas terribles, ça nous semble important de bien travailler cette matière.

— Tu as eu combien de moyenne jusque-là ?

— Autour de 9.

— Quelles sont tes plus grandes difficultés, en français ? L’orthographe, la grammaire, l’expression ?

— Orthographe et grammaire, ça va. Mais quand il s’agit de dissertation, je me retrouve bloqué. Je ne sais jamais quoi dire, et la prof me reproche de ne pas bien ordonner mes idées.

— Et les autres matières, ça va comment ?

— Pas terrible. En fait, cette année j’ai des mauvais résultats partout, sauf en histoire. On s’est décidé pour les cours de français parce qu’il y a l’épreuve du bac en Juin, mais dans toutes les matières j’ai des problèmes.

— Ça a toujours été le cas ?

— Non. Au collège, j’étais bon, mais depuis la seconde ça a commencé à baisser subitement, et j’ai redoublé. L’an dernier, j’étais en première et ils m’ont fait redoubler encore une fois, pour que je consolide les bases. Mais d’après les profs, je stagne.

— Tu sais, ça fait trois ans que je donne des cours particuliers, et si je peux t’assurer d’une chose c’est qu’en matière de résultats scolaires, le plus important c’est la volonté et la confiance en soi. Il n’y a aucune raison pour que tu sois plus bête qu’un autre, surtout si avant tu avais des bonnes notes auparavant. Si tu es en filière littéraire, c’est parce que tu étais bon en français, non ?

— Oui, jusque-là c’était ma matière la plus forte. Je ne sais pas ce qui se passe d’un coup.

— Et, dis-moi franchement : tu travailles beaucoup chez toi ? Je veux dire, est-ce que les mauvais résultats peuvent être liés à une absence de travail ? Je ne vais pas le répéter ni à tes parents ni aux profs, mais j’ai besoin de savoir pour t’aider.

— Je travaille pas mal à la maison, mais c’est étrange. J’ai beau réviser et préparer, c’est comme si ça ne servait à rien. Au moment des évaluations, je n’arrive plus à appliquer ce que j’ai révisé. Je me bloque.

J’ai d’instinct l’impression que Julien ne ment pas. La plupart des élèves en difficulté manquent de motivation et de travail, et il n’y a rien d’autre à faire pour eux que les aider à se motiver. Pour la plupart, c’est impossible et on me paye donc pour rien. Tant qu’ils ne seront pas décidés à accomplir d’efforts, aucun cours particulier ne pourra les aider vraiment. Dans certains cas, en revanche, le garçon ou la fille est volontaire et consacre du temps à ses études, mais est incapable d’assimiler. Ces situations-là sont complexes, car il faut trouver ce qui peut l’aider à se débloquer. Et là, mes connaissances en littérature sont inutiles. Aucun doute que ce sera le cas avec Julien. Il faudra l’aider à surmonter ce qui jusque-là le rend impuissant. Mais le succès n’est pas garanti. Avant de passer à la suite, je lui propose un nouvel exercice, celui de me décrire physiquement et dans ma manière d’être. On verra s’il prend confiance peu à peu et devient un peu plus bavard :

Vous êtes plutôt grand…

— Je t’arrête tout de suite, tu ne vas pas me vouvoyer. J’ai 24 ans, je suis étudiant, et si tu n’avais pas redoublé, dans quelques mois tu te retrouverais à la fac en même temps que moi. Tu as déjà vu des étudiants se vouvoyer ? Non. Donc, on se tutoie.

— Pardon, comme vous… comme tu es le prof, je pensais qu’il fallait se vouvoyer.

— J’ai une tête à être vouvoyé, tu trouves ?

— Non, pas du tout (enfin, il sourit). Je reprends ? Donc, tu es plutôt grand. Tu as les cheveux bruns et un peu frisés, coiffés en vrac. Tu as souvent le sourire, et tu as des belles dents. Tes yeux sont bleus très clairs. Tu as l’air mince, et tu t’habilles avec goût. Tu as l’air très sympathique et décontracté. On sent que tu es dynamique et assez entier. Voilà, à vous. Oh, pardon ! A toi.

— Normalement c’était seulement à toi de faire l’exercice. Mais pas de problème, je m’exécute. Donc toi, Julien, tu es plutôt petit et avec un corps qu’on devine athlétique. C’est le tennis, sans doute. Tu as les cheveux blonds assez courts, avec des yeux marron et un tout petit nez très mignon. D’ailleurs, tu es un très joli garçon (comme je m’en doutais, il rougit instantanément). Tu es extrêmement timide et peu sûr de toi, et on a envie de te rassurer tout le temps et de t’expliquer qu’on ne va pas te manger. On sent que tu as peur de t’exprimer, peut-être tu imagines qu’on va te juger. Tu es très introverti, et tu gardes tout pour toi. Tu donnes l’impression de vouloir disparaître du paysage, parfois, comme si le fait d’être avec d’autres te gênait. En gros, on sent chez toi énormément de potentiel, mais cadenassé par ta peur de te livrer. Est-ce que je me trompe ? J’ai peut-être été un peu direct… Mais tu sais, avec moi il faudra t’habituer. Je dis en permanence tout ce qui me sort par la tête, faut pas m’en vouloir.

— Heu… oui, c’est un peu vrai ce que vous avez dit.

— Je vais me fâcher.

— Bon, c’est complètement vrai, en fait. Je crois que vous avez vu juste.

— Haha. Ce n’est pas pour ça que j’allais me fâcher. C’est parce que tu t’es remis à me vouvoyer.

Le pauvre est rouge écarlate. Pour un premier test, je crois que je suis allé un peu trop loin. Je n’ai aucun doute depuis le début qu’avec lui l’important sera de travailler sa confiance en soi bien plus que le français. Mais il faut tout de même éviter de trop le brusquer. Immédiatement, donc, je lui demande quel livre ils étudient en classe. Il s’agit de Madame Bovary, et je décide donc de travailler ce roman avec lui, pour voir ce qu’il en a tiré jusque-là. Jusqu’à la fin de l’heure, il ne sera plus question de Julien, mais du roman que nous aurons entre les mains.

A 16h10, je vois mon élève remuer sur sa chaise. Effectivement, j’ai un peu dépassé l’horaire, mais je lui explique que c’est pour rattraper mon retard. Sans oser me regarder dans les yeux, il m’apprend qu’il a son cours de tennis dans vingt minutes, et qu’il faudrait qu’il se prépare. J’accepte donc de terminer immédiatement notre classe, et lui donne simplement un exercice pour la semaine prochaine : se décrire tel qu’il s’imagine dans dix ans. Puis je me lève et il se dispose à me faire descendre. Mais je lui demande si les terrains sont loin, en lui proposant de l’accompagner un peu. Au vu de sa timidité, je pense qu’il serait bon de pouvoir un peu discuter avec lui, hors des cours, afin de lui donner progressivement confiance. Il est décontenancé par ma proposition. En bon introverti, l’idée d’être escorté sur le chemin par un quasi inconnu semble le paniquer. Mais il n’ose pas refuser et, après avoir préparé son sac il tourne un peu sur place et hésite à me dire quelque chose. Je suis bien décidé à ne pas lui demander ce qui se passe, afin de l’obliger à s’exprimer. Et il finit donc par m’expliquer, en désignant l’escalier, qu’il aurait besoin d’être seul pour se changer. Il n’a pas de chance, car je prends souvent un malin plaisir à jouer avec les nerfs des timides. Je pense qu’il faut les obliger à sortir de leur réserve, afin qu’ils puissent se libérer peu à peu. Et par conséquent, au lieu de suivre la demande indirecte de son regard, je décide de ne pas sortir de la chambre mais me positionne simplement de dos en lui expliquant qu’il peut s’exécuter, et que je ne le regarderai pas. Je le sens hésiter assez longuement à insister pour que je sorte, mais il termine par se résoudre à retirer ses vêtements et se mettre en tenue.

J’ai bien pris soin, pendant qu’il se changeait, de ne pas me retourner. Mon idée est de l’habituer à se sentir en confiance avec moi, et lui faire comprendre que même si je l’oblige à sortir de sa réserve, ce sera toujours avec respect. Il m’annonce qu’il est prêt, et je me retourne. Il porte un survêtement assez ajusté, qui lui va très bien et me permet de le découvrir plus athlétique encore qu’il paraît au premier abord. Avec une moue admirative, je lui annonce que je suis fasciné de le voir transformé si vite en tennisman. Je lui demande s’il est doué pour ce sport, et il me répond que malheureusement il ne gagne que rarement les matches. Je lui souris : « Tu perds peut-être en points, mais en style je suis sûr que tu les éclates tous. Quand on te voit habillé comme ça, on a l’impression que c’est toi, le champion ! » Il se déride un peu et s’amuse de ma remarque, mais bien entendu le rouge lui est une nouvelle fois monté directement aux joues. Je sens que ça va rapidement m’agacer…

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