Nos chemins de traverse

Premières pages de Nos chemins de traverse

Vendredi

Chaque matin cette semaine, j’ai subi la même mésaventure : lorsque retentit le réveil et qu’Anne se lève, je lui demande d’ouvrir les volets afin que la lumière m’aide à sortir du sommeil. Ce n’est pas que je sois particulièrement pressé ou que je me prépare à un emploi du temps de fou… mais je souhaite au moins éviter de dormir jusqu’à 10 ou 11 heures. Elle s’exécute avec plus ou moins de bonne humeur selon les jours et invariablement, à peine les volets ouverts, je perds instantanément toute envie de me lever. Dehors, il pleut et je devine évidemment qu’il fait froid. Ce qui devient embêtant à la longue, c’est que rester au lit me provoque un sentiment de culpabilité croissant. Je me sens enfermé dans un appartement gris et dans une vie monotone, et surtout sans aucun objectif à poursuivre. Je voudrais m’activer, mais je ne trouve rien d’intéressant à faire en dehors de rester au lit. Cela me préoccupe de plus en plus. Je ne voudrais tout de même pas finir par déprimer…

Au lieu de m’encourager et chercher les mots pour me motiver, Anne a une fâcheuse tendance à tout empirer. Elle me regarde avec mépris, comme si j’étais le dernier des paresseux, et avant de sortir de l’appartement elle vient me saluer à la porte de la chambre avec un : « Ce n’est pas que je veuille te déranger dans ta vie harassante, mais je voulais tout de même te signaler que je pars. Comme tu le sais, j’ai beaucoup de travail, moi. » Dans ces moments-là, me vient souvent le souvenir de ces dernières années où c’est moi qui disparaissais avant qu’elle se lève, et où invariablement je venais lui offrir un délicat baiser d’adieu au moment de sortir. Au vu de la froideur qu’elle me réserve maintenant que la situation a été inversée, je me sens le dindon de la farce. Ou bien elle n’a pas apprécié mes tendres attentions à leur juste valeur, ou elle est tout simplement trop égocentrique pour accepter l’idée que pour un temps je me la coule douce tandis qu’elle bosse. Je me demande parfois si notre relation ne repose plus uniquement que sur la force de l’habitude. Ça ne fait pas rêver…

Aujourd’hui, malgré la pluie je décide de ne pas traîner au lit. J’attends patiemment qu’Anne ait quitté l’appartement, afin de ne pas être confronté à la mauvaise humeur qui semble être devenu sa seconde nature depuis que je ne travaille plus, et une fois que j’entends la porte claquer je saute du lit. Ce qui me désespère, au moment où mes pensées s’organisent devant la machine à café, c’est le sentiment de vacuité qui est le mien au moment de préparer mon emploi du temps. Au-delà de la demi-heure que je passerai au footing et de mes deux heures d’études en marketing digital, devant l’ordinateur, je ne sais pas comment je vais pouvoir meubler la journée. C’est pour cela également que généralement je reste au lit plus longtemps que nécessaire. Une fois le café prêt, je le prends debout devant la grande fenêtre du salon. Je vis dans cet appartement depuis trois ans mais je ne me lasse pas de la vue dont nous profitons ici. L’immeuble se trouve sur une avancée au milieu d’un immense lac, et nous en sommes à la pointe. D’où que nous nous trouvions dans le salon, la chambre ou le bureau, il suffit de se poster au bord des fenêtres pour surplomber l’immense superficie aquatique et être rempli de l’illusion d’être sur la poupe d’un navire, en pleine mer. C’est assez fabuleux.

Je passe à la cuisine faire toaster mes tartines. C’est la seule partie de l’appartement qui soit sombre et ne donne pas sur le lac. Une petite fenêtre au verre opaque s’ouvre simplement sur la cour intérieure de l’immeuble, un puits de lumière étroit et rempli d’autres petites fenêtres sans âme, aux persiennes systématiquement fermées pour éviter les vis-à-vis. La nôtre est ouverte en permanence, car la cour est surplombée d’un toit en verre et régule bien la température, chaude en hiver et fraîche en été. Cela permet de faire circuler l’air et me va très bien, car je me sens vite claustrophobe dans des endroits clos en permanence. Il est vrai que la vue ainsi offerte est peu avenante, mais mes talents culinaires étant assez limités, j’ai besoin de peu de temps pour préparer les repas et cela ne me dérange guère. Anne, en revanche, adore préparer des gâteaux le week-end, et se plaint systématiquement de l’absence de lumière naturelle dans cette pièce. Même dans un château, à vrai dire, elle trouverait des motifs pour geindre. Parfois, j’essaye de calculer mentalement depuis combien de temps elle vit dans la complainte et l’agacement, mais je ne parviens pas à trouver de moment fondateur à ce changement d’état d’esprit. Je me souviens parfaitement qu’elle a été une jeune femme souriante, blagueuse et optimiste, mais elle a fini par acquérir sans que j’en prenne conscience un caractère irritable et caractériel. En est-elle seule responsable, ou est-ce aussi ma faute ?

Les règles de l’inertie étant ce qu’elles sont, je prends mon petit-déjeuner dans le salon en accomplissant le geste machinal — mais que je déteste — d’allumer la radio pour écouter les informations. Chaque jour, je décide pour le lendemain de commencer la journée en silence, en me contentant de contempler l’eau du lac à perte de vue. Mais chaque matin je succombe à la force de l’habitude et me laisse bercer par la voix aguicheuse du vendeur de nouvelles, comme si réellement je m’intéressais à ce qui se raconte. Puis, pire encore, à peine lavées mon assiette et ma tasse, je m’installe sur le canapé et me saisis de la télécommande. Je viens de décider de regarder un épisode de ma série du moment avant de sortir courir. C’est justement la seconde habitude matinale que je désire changer sans jamais y parvenir. A bien y réfléchir, je crois que la monotonie de mon quotidien me désespère moi plus encore qu’Anne.

Comme d’habitude, le footing me donne un coup de fouet et me change les idées. Le lac, décidément est une aubaine. Je passe mon temps dans l’appartement à l’observer rêveusement, et lorsqu’il s’agit de courir il offre sur ses berges une immense étendue vide sur laquelle je ne suis dérangé par aucune voiture et généralement par presqu’aucun piéton. La retenue d’eau étant artificielle, tout a été aménagé sur plan. Les berges sont droites et goudronnées, ce qui facilite la course par tout temps, et je peux courir presqu’en permanence en ligne droite en suivant ce rectangle parfait. L’air est vif et frais, il y a toujours du vent, mais bien couvert et en plein effort on s’y habitue vite. Une fois passées cinq minutes d’adaptation, on cesse totalement de souffrir des conditions climatiques. De toutes mes habitudes, incontestablement, courir est celle qui m’enthousiasme le plus. Après une demi-heure d’efforts, qui me permettent à la minute près d’accomplir trois tours complets, je rentre à la maison et me prépare un bon bain bouillant — ce que j’évite de raconter le soir à Anne, qui me reproche le côté peu écologique de ce petit luxe qui n’est pas quotidien mais tout de même assez fréquent.

Aujourd’hui, au moment de monter dans l’ascenseur, je croise Lyse, une voisine qui travaille comme nourrice chez elle et passe son temps en allers-retours entre le dehors et le dedans, avec les deux enfants qu’elle garde et le sien. Depuis que j’ai cessé de travailler, elle est devenue l’air de rien la personne avec laquelle je passe le plus de temps à discuter. Mis à part Anne, elle est même souvent le seul être humain avec lequel j’échange des paroles certains jours. Elle est adorable et toujours guillerette, ce qui rend les rencontres avec elle agréables. Mais elle a aussi la malheureuse habitude de relayer tous les commérages de l’immeuble. Que je le veuille ou non, je finis donc invariablement par tout savoir de la vie de mes voisins.

Depuis quelques jours, Lyse est particulièrement intriguée par l’irruption d’un nouvel habitant, sur le même palier que moi. Il s’agit d’un étudiant, et il a emménagé dans l’appartement appartenant à ses parents, qui jusque-là était en location. Elle connaît la famille, car elle habitait les lieux il y a dix ans, lorsque le garçon en question était encore un enfant. Elle se souvient de lui comme d’un être « turbulent, crâneur et mesquin » qui lui revenait particulièrement mal. Elle a peur qu’avec son retour ici le calme du voisinage soit altéré. Chaque fois qu’elle me voit, elle me demande si ce nouveau voisin est bruyant ou laisse sa poubelle dans le couloir au lieu de la descendre directement. Je n’ai pas besoin de mentir pour la rassurer. En une semaine, je n’ai pas entendu le moindre bruit provenant de l’appartement ni constaté le moindre comportement anormal. Du reste, je ne l’ai toujours pas croisé, et ne peux donc pas informer Lyse sur sa politesse ou ses mauvaises manières. C’est à peine si à deux reprises j’ai pu l’apercevoir en passant dans la cuisine, par la fenêtre donnant sur la cour intérieure. Il était allongé sur son matelas posé directement au sol, et je n’ai pu discerner que ses jambes relevées nonchalamment, tandis que sans doute il lisait. Le puits de lumière est très étroit, et entre la fenêtre de la cuisine et celle de sa chambre, il n’y a guère plus de trois mètres de distance. Les voisins précédents gardaient toujours la persienne de cette chambre fermée, sans doute justement pour éviter les regards curieux. Le nouveau venu, lui, la garde ouverte en permanence, et c’est la seule information dont je dispose sur lui depuis qu’il a emménagé. Je sais également, maintenant que j’y pense, qu’il a la mauvaise habitude de s’étendre sur son lit avec ses baskets aux pieds, ce qui n’est pas très hygiénique, mais je ne connais même pas son visage. Après son petit interrogatoire, Lyse me parle d’une nouvelle série à laquelle elle devient accro. C’est l’autre sujet de conversation dont elle raffole, et je m’y sens davantage à l’aise que dans les commérages. Avec tout le temps dont je dispose dernièrement, je passe pas mal d’heures chaque jour devant la télé…

Lundi

Après des week-ends comme celui que nous venons de « partager » Anne et moi, il est inévitable lorsque je me retrouve seul de m’interroger sur le futur de notre relation. Quatre années après notre rencontre, et suite à trois ans de vie commune, j’ai du mal à m’imaginer sans elle à mes côtés. Mais par moments je suis assailli par certains doutes, et me demande s’il ne serait pas nécessaire que nous discutions sérieusement de la manière que nous avons d’être ensemble, et que nous envisagions la possibilité peut-être de nous séparer, ou pour le moins de réfléchir à cette possibilité. Il est possible que le simple fait de discuter posément de cette question nous permette de prendre les choses en main et chercher à améliorer nos relations, afin d’éviter le pire. J’ai peur que si nous ne nous décidons pas à évoluer, nos liens finissent inévitablement par se dissoudre. Mais en parler, c’est prendre le risque d’ouvrir la boite de Pandore. Si elle sent notre union menacée, Anne a de fortes chances de devenir encore plus nerveuse et irritable, et de me faire vivre un enfer. Il faudrait la convaincre de la nécessité de coopérer ensemble pour sauver notre couple, sans la faire se sentir accusée ou remise en question. Tâche délicate lorsqu’il s’agit d’une personne qui dernièrement a tendance à diviser le monde entre ceux qui sont avec elle et ceux qui sont contre…

Je pars courir puis prends une douche rapide, avant de descendre un étage pour boire un café avec Lyse. C’est une habitude que nous avons régulièrement elle et moi, et qui nous offre l’occasion de papoter un peu. Elle m’aide l’air de rien à relativiser mes doutes existentiels lorsqu’ils m’assaillent, et est généralement de très bon conseil. Et puis, sa personnalité joyeuse et décomplexée est assez communicative, ce qui me permet de sortir de chez elle systématiquement avec le cœur plus léger. Qui plus est, circonstance rare entre personnes de la même génération et de sexe opposé, il n’y a aucune ambiguïté entre nous. D’abord, elle a un physique plantureux, avec de gros seins et des fesses volumineuses, alors que moi je n’ai jamais été qu’avec des femmes minces et le plus souvent plates comme une anguille. Et si elle est célibataire, je n’entre pas non plus dans ses critères. Elle a un goût particulier pour les hommes mûrs et ventripotents, petits et chauves si possible. Rien à voir avec moi qui suis le prototype de l’athlète, avec mon mètre quatre-vingt, mes abdos bien dessinés, mes cuisses puissantes et une mèche de cheveux tombant négligemment sur mon front.

Le fait que nos goûts physiques nous opposent, et aussi que j’ai toujours affirmé et revendiqué ma fidélité — pas une seule fois en quatre ans je n’ai trompé Anne — nous ont permis depuis le début de mettre en place une bonne complicité. Nous n’avons pas grand-chose en commun à part nos 35 ans et notre goût pour les séries, mais nous nous entendons bien et nous comprenons à demi-mots. Et aussi, de manière subtile, je crois que nous partageons un sentiment plus général : nous nous sentons seuls. Dans des contextes différents, certes, mais seuls tous les deux. Et je crois que notre vie nous ennuie un peu…

Ce n’est pas forcément un bon moment pour discuter, car les enfants aujourd’hui semblent particulièrement turbulents. Daphné, la fille de Lyse, pleure en serrant les poings pour avoir un autre biscuit ; tandis que Pierrick et Lucile, les deux petits en garde, se chamaillent pour un jouet. Au milieu, la nourrice est à bout et a exactement la même manière de serrer les poings que sa progéniture. Je le luis fais remarquer, et elle se relâche un peu. D’une voix exaspérée mais en prenant de la distance, elle explique : « Il y a des jours où j’en prendrai un pour taper sur l’autre… » Pour la détendre, je lui conseille plutôt de les jeter dans le lac. Elle fait mine de réfléchir sérieusement, puis éclate de rire en avouant que c’est exactement ce à quoi elle songeait avant que je frappe à la porte. Et sur ce, elle me propose de passer avec elle à la cuisine pour me préparer un café et me remercier d’avoir sauvé en faisant irruption la vie de ses « chiourmes ».

Elle a peu d’événements à raconter sur son week-end. Elle a laissé Daphné chez son père, et à cause de la pluie a passé les deux jours enfermée, à regarder des séries et tricoter, son autre passion. Elle me montre une longue écharpe de toutes les couleurs qu’elle est sur le point de terminer, et me demande si j’en veux une moi aussi. On se met d’accord sur un modèle moins tape à l’œil, gris avec quelques motifs simples. Au rythme qui est le sien, elle pense l’avoir terminé sans problème d’ici la fin de la semaine. Puis nous passons au salon, où les enfants se sont calmés et jouent tranquillement. L’appartement de Lyse est construit à l’identique du mien, mais sa décoration n’a rien à voir. Autant chez moi tout est épuré et rien ne traîne, autant chez ma voisine c’est un joyeux bordel qui domine. Cela a l’avantage de rendre les lieux tout à fait accueillants. On n’a pas peur de laisser une veste traîner, ni de ne pas remettre un objet exactement à la place où on l’a trouvé. Et lyse a aussi eu la bonne idée d’installer deux fauteuils et une petite table juste au bord de la grande baie vitrée. C’est là que nous nous installons en général pour discuter, en profitant de la vue plongeante sur le lac et la berge.

A peine assise, ma voisine me montre justement du doigt une silhouette marchant au bord de l’eau :

Il manigance un coup, celui-là…

— Pourquoi tu dis ça ? Il a plutôt l’air de marcher tranquillement.

— On voit que tu le connais pas. Faut surtout pas lui faire confiance, ne serait-ce qu’une minute. Et puis franchement, il est habillé tout en noir. Tout est dit. Pour moi, c’est simple. Il y a les gens qui portent des couleurs et qui aiment la vie, et les autres qui sont tout en noir parce qu’ils détestent le reste de l’humanité. Et ceux-là, il faut s’en méfier…

—Ça me paraît un peu hâtif comme jugement. Le pauvre garçon. Tu ne le connais pas, et simplement parce qu’il est habillé en noir tu le trouves louche.

— Je le connais très bien, et tu devrais te méfier de lui toi aussi, parce qu’il habite sur ton palier maintenant…

— Ah c’est lui, le fameux nouveau voisin que tu détestes…

C’est pas que je le déteste, mais il est…

Crâneur et mesquin, c’est ça ?

Et oui. Pourtant, ses parents sont adorables. Mais lui, j’ai jamais pu le saquer. Il va foutre le bordel, tu vas voir.

Pour l’instant, en tous cas, il est d’un grand calme. Je ne l’ai pas entendu une seule fois. C’est comme si son appartement était resté inhabité. Les anciens voisins, pourtant, on les écoutait régulièrement.

Il laisse pas les poubelles sur le palier, au moins ?

Je ne fais pas attention à ce genre de détails…

Alors, j’irai voir !

Mais tu sais ce qui se passe, dans les séries, quand une femme déteste un nouveau venu ? Tu sais ce que ça veut dire ?

T’as pas honte ! Je sais très bien ce que ça implique dans les séries. Si une fille déteste un mec, tu peux être sûr qu’à la deuxième ou troisième saison elle va en tomber raide dingue… Mais là on parle d’un gamin de 22, 23 ans… Tu ne te rends pas compte de ce que tu dis !

On verra bien… Bon, il faut tout de même reconnaître qu’il n’est pas trop ton genre. Pas de problème de surpoids, beaucoup de cheveux et plutôt longs… Et puis, il n’a pas une tête à passer son week-end à laver sa voiture…

En parlant de ça, tu sais que Jacques sort avec une fille, maintenant ? C’est pas compliqué, c’est la même que moi, mais en moche. Tant mieux, comme ça je ne recevrai plus ses petits messages libidineux en pleine nuit quand il est bourré. C’était fatiguant. Si ça avait été un bon coup, ça ne m’aurait pas dérangé, mais c’est loin d’être le cas… Et vous au fait, avec Anne, vous l’avez fait ce week-end ?

Non, on a passé deux jours à s’engueuler. Ou plutôt, on s’est engueulé vendredi soir et ensuite elle a fait la gueule samedi et dimanche. On n’arrive pas à se mettre d’accord pour les prochaines vacances. Elle veut aller en croisière, mais moi je trouve ça glauque. Ou sinon avec ses parents dans leur maison du sud, mais on y a déjà passé une semaine à Noël et j’en ai ma claque. Moi, j’aimerais bien l’Italie, mais selon Anne les gens parlent trop fort là-bas. Il faut croire qu’elle a les tympans sensibles…

Et vous allez faire quoi, alors ?

Ça va finir avec moi ici tout seul dans l’appart et elle dans le sud avec sa famille, je pense. Ça nous fera du bien d’être un peu seuls. En ce moment, on se tape un peu sur le système, l’un et l’autre.

Et vous en êtes à combien de temps sans baiser ?

Facile deux mois… non, trois mois. La dernière fois, justement, c’était chez ses parents. Ça fait trois mois.

Ça, c’est pas possible. Pour qu’un couple dure, il n’y a pas de secret. Il faut le faire une fois par semaine minimum. Sinon, tout s’effiloche. Elle continue à te sortir l’excuse des migraines, ou de la grosse fatigue ?

En fait, ces derniers temps, je n’essaye même plus de lui proposer. C’est peut-être mieux comme ça. C’était devenu un devoir conjugal plus qu’autre chose. Elle simule, et moi aussi. Aucun des deux ne prend son pied, on s’ennuie.

Ça va pas du tout, ça, Nico. Mais alors pas du tout. Il faut que vous fassiez des efforts pour faire renaître la flamme, sinon ça sert à rien de rester ensemble. Vivre en couple mais sans amour, c’est le meilleur moyen de se déprimer tous les deux et d’arriver à des situations moches. Toi, avec le sport ça se voit pas trop. Mais elle, elle le porte sur son visage qu’elle est frustrée. Vous filez un mauvais coton.

C’est possible. Peut-être tout simplement on a fait notre temps ensemble, et c’est le moment de se séparer…

Ah, j’en étais sûre !

De quoi ?

Il fume ! Et pas que du tabac, à mon avis. J’espère qu’il s’allumera pas ses clopes dans l’ascenseur, j’ai assez lutté avec Mr Martin pour ça. Et maintenant qu’on était tranquille, paf, v’là un autre fumeur qui rapplique.

T’es encore sur le nouveau voisin ?

Oui, le Théo, là… Tu le vois là-bas ? En train de cloper au bord de l’eau. Tu paries combien qu’il va jeter son mégot dans le lac ?

A toi aussi, ça te ferait du bien de baiser un bon coup, Lyse. Tu devrais l’inviter à prendre l’apéro un soir. Ça te ferait penser à lui autrement que comme une nuisance. Je suis sûr qu’il te changerait bien les idées… Cet immeuble manque de vie, tu ne trouves pas ? Tu pourrais lui sauter dessus sans attendre la saison 3.

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