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Les deux premiers chapitres de Un dernier baiser avant la fin du monde

7H52

En ouvrant la fenêtre de sa chambre, juste après s’être levé du lit, Anthony est surpris. Aucun son n’envahit la pièce, alors qu’habituellement, à cette heure matinale, les chants des oiseaux forment un immense vacarme. Il se penche et observe au-dehors. Rien d’anormal n’attire son attention dans le parc, en dessous, si ce n’est la douceur de l’air et le soleil déjà chaud. « Ce serait une bonne journée pour se faire porter pâle », pense-t-il. Mais à peine a-t-il formulé ces mots à voix basse, il ne peut s’empêcher de se moquer gentiment de soi-même. Combien de fois a-t-il formulé, dans le secret de son cerveau, le projet de manquer à ses obligations professionnelles, sans jamais oser passer à l’acte ? Et puis, qu’est-ce qui lui prend depuis quelque temps, de parler seul ? Il mène une vie trop solitaire, sans aucun doute…

Par acquit de conscience, il s’approche de la table de chevet et attrape son téléphone. Comme il peut le vérifier, il n’y a pas eu d’erreur : son réveil a sonné à l’heure prévue. Alors, pourquoi les oiseaux ne sont-ils pas présents à leur rendez-vous habituel ? Qui donc le sait ? Eux, peut-être, ont pris au sérieux le fantasme universel de rupture avec la monotonie… Ou alors, sans prévenir personne, ils sont carrément entrés en grève… Puisqu’il tient son portable dans la main, il entame son second rituel de la journée, après l’ouverture des fenêtres : consulter en ligne les grands titres du journal, à l’affût des nouvelles. Rien de passionnant, ni aucune nouveauté depuis cette nuit, et sa dernière œillade avant de se mettre au lit. Pour le meilleur ou pour le pire, le monde semble tourner sans aucun soubresaut.

Dans la salle de bains, après avoir lancé comme à son habitude la radio à fond, il enlève son pyjama et ouvre en grand le robinet d’eau chaude. Elle sort toujours glacée pendant une bonne minute, avant d’atteindre enfin la température idéale. Le plus souvent, il attend cela nu et immobile, avec sa main droite patiemment tendue sous le jet. Tandis qu’un chroniqueur, à l’antenne, tente de minimiser les risques liés au réchauffement climatique, il se répète une nouvelle fois qu’il ferait mieux de changer de station. À quoi bon s’infliger chaque matin ces voix bataillant autour des grands problèmes du monde, alors qu’il pourrait sentir plus de volupté en écoutant de la musique ? Mais tout comme son projet mille fois avortés de rester au lit au lieu d’aller travailler, celui-ci semble voué à ne demeurer qu’une idée en l’air. Pour la seconde fois de la journée, il se surprend à parler à voix haute : « Il est décidément bien difficile de sortir des habitudes. » Puis immédiatement, c’est son discours intérieur qui prend le relais : « Je deviens vieux, ou quoi ? Je me mets à déblatérer tout seul, comme si j’étais gâteux. Je ressemble à mon grand-père. Je devrais faire plus de sport, parce que sinon je vais vieillir trop vite. Je suis sûr que les inconnus me donnent 33 ou 34 ans, alors que je n’en ai que 28. Et puis, il faudrait que j’aie une vie sociale, également. À force d’être toujours seul, je me rabougris. »

Instinctivement, ces sombres pensées amènent ses yeux à se porter à hauteur de son nombril. Comme il le constate, l’infâme poil blanc dont il surveille régulièrement l’apparition est à nouveau présent. Il pousse à une vitesse spectaculaire. D’un pincement sec, il le retire et doit se retenir pour ne pas geindre encore une fois à voix haute : comment est-il possible qu’à son âge il doive endurer ce genre de problème ? Quelques cheveux blancs sur les tempes, cela passe, d’autant plus qu’il les porte à cet endroit demi long, ce qui aide à les dissimuler. Mais sur le corps lui-même ? Il pensait ne devoir se confronter à ce désagrément qu’à la cinquantaine… Il est urgent de devenir actif : pratiquer un sport, manger plus sainement, et pourquoi pas aussi rencontrer des garçons ? Faire l’amour, vouloir plaire, cela l’aiderait sans doute à ne pas se renfermer sur lui-même et lutter efficacement contre l’avachissement du corps. Et se raser le torse ? Pourquoi pas… Il n’a jamais aimé ses poils velus et noirs. S’ils commencent à blanchir, l’épilation pourrait devenir une bonne solution. Mais à quoi bon céder à cette tentation s’il préfère les corps naturels, et sait pertinemment qu’il ne rencontrera personne à qui offrir le sien ? La ville de Pau est agréable, mais les homos doivent s’y compter sur les doigts d’une main. Pourquoi perdre son temps à chercher l’aiguille dans une meule de foin ? Si à Paris, déjà, ses rencontres étaient extrêmement rares, ici cela ne servirait à rien d’y penser…

L’eau atteint enfin la température adéquate, et il s’engage d’un pas volontaire sous la douche. Cherchant à mettre en pratique ses réflexions précédentes, il hésite un temps à profiter de ce moment de détente pour se masturber. Il a lu quelque part que, pour remédier à la solitude, il est bon de commencer par se réconcilier avec son corps et lui offrir régulièrement du plaisir. Cela l’aiderait, selon l’article, à augmenter sa production d’hormones et générer davantage de libido. Celle-ci, ensuite, pousse à aller vers les autres et à provoquer les rencontres, qu’elles soient amoureuses ou sexuelles. Pour avoir une vie sentimentale active, donc, il serait recommandé de commencer par s’astreindre à un usage quotidien de sa main… Oui, mais le journal de huit heures retentit à la radio, et indique à Anthony qu’il est déjà légèrement en retard sur son horaire. Le projet de réactivation du désir devra donc attendre demain…

Depuis six mois qu’il vit dans cet appartement, il ne se lasse pas de savourer ses tartines dans la petite véranda qui jouxte le salon. Elle est plutôt fraîche le matin, mais inondée de lumière. Et puis surtout, on peut contempler en dessous le parc, d’autant plus agréable que personne ne semble se souvenir de son existence, et qu’il reste invariablement désert à cette heure-ci. Recouvert du vieux pull qu’il porte systématiquement chez lui, troué et affreux mais au contact agréable, il écoute d’une oreille distraite les publicités, à la radio, puis la voix d’un humoriste. En parallèle, il parcourt son téléphone à la recherche d’autres nouvelles, puis pour regarder ses mails. Et comme presque tous les jours, il finit par constater que même s’il aime petit-déjeuner dans la véranda, il ne prend jamais véritablement le temps de profiter du paysage qu’elle offre. Et pourquoi pas commencer à mettre en œuvre le projet mille fois repoussé de traverser ce moment de la journée sans aucune invasion sonore ni téléphone entre les mains ? Demain, peut-être, il finira par s’imposer le silence et l’absence de toute sollicitation autre que végétale… Mais en lui déjà se répète à nouveau la même phrase lancinante : « Il est décidément bien difficile de sortir des habitudes. »

Choisir ses vêtements n’a jamais représenté un grand problème pour lui, surtout lorsqu’il s’agit d’aller travailler. Chaque jour, il adopte la même tenue : un jean bleu plutôt large, une chemise à carreaux ample et sortie du pantalon, et des baskets gris ou noirs. Le look idéal, pour lui, est celui qui ne se fait pas remarquer et passe partout. Et puis, l’avantage des étoffes non cintrées et choisies une taille au-dessus est de permettre à son poids de varier sans que personne ne s’en aperçoive. Il est impossible de deviner, en le voyant ainsi, comment est constitué son corps : sportif ou bien trop en chair, aucun muscle ni bedaine ne se laisse appréhender. Du reste, il n’a rien à cacher ni à mettre en valeur : un corps lambda, ni mince ni gros, ni athlétique ni trop délaissé. Au niveau du visage, il ne se préoccupe pas trop non plus : sa barbe de taille moyenne et ses cheveux mi-longs coupés par une raie au milieu occupent beaucoup d’espace et laissent peu de place au regard pour s’exprimer. Là aussi, cela tombe bien, puisqu’en général il ne communique avec les autres que le strict minimum. Son style est donc parfaitement cohérent pour une personne souhaitant plus que tout passer inaperçue.

8H51

L’un des petits plaisirs d’Anthony, depuis qu’il vit à Pau, est de passer en contrebas de l’immeuble dans lequel il vit, pour rejoindre son travail. Il aime marcher lentement, dans le parc, et lever l’air de rien les yeux vers ses fenêtres, en murmurant avec fierté : « Ici, c’est chez moi. » C’est toujours au même lieu, sur le petit chemin, qu’il se fait cette remarque, satisfait comme au premier jour d’être logé par son entreprise dans un endroit si agréable. Et ensuite, invariablement, il surveille l’heure sur son téléphone, puis observe les arbres et le ciel. Comme lors de son réveil, les lieux sont inhabituellement calmes. Les oiseaux, mais aussi les nombreux chats occupant la pelouse en temps normal, sont absents. Il se demande s’il y a une relation de cause à effet entre ces deux événements. Ce serait logique, après tout… Les félins pourraient avoir suivi leurs proies là où elles se sont mystérieusement déplacées.

L’autre petit plaisir d’Anthony, au moment de rejoindre son bureau, est de s’accorder un détour par la Promenade des Pyrénées. Aucune rue en France, selon les palois, n’est capable de rivaliser avec cet incroyable panorama. Et il ne viendrait à l’idée de personne de les contredire. Qu’il pleuve ou qu’il vente, Anthony ne renonce donc jamais à ce court rendez-vous avec les montagnes. Sur le large trottoir situé en haut d’une falaise, il ralentit sa marche et les observe. La chaîne entière des Pyrénées se dresse, majestueuse et lointaine, et selon l’époque elle est recouverte de neige ou pas. Aujourd’hui, printemps oblige, seuls ses pics sont encore blancs. Et la magnifique lumière de cette journée ensoleillée les met en valeur. Comme chaque jour ou presque, il se promet d’aller bientôt y randonner. Mais là encore, il ne se berce pas d’illusions : louer une voiture, prendre le risque de se perdre, et surtout n’être accompagné de personne pour jouir autrement qu’en solitaire de ces paysages, sont des freins suffisants pour repousser semaine après semaine cette courte excursion. Ce week-end comme tous les autres, sans aucun doute, c’est devant sa console qu’il passera le plus clair de son temps. Et peut-être un peu aussi au cinéma, si un film l’attire.

En arrivant au niveau du petit funiculaire permettant à ceux qui souhaitent aller à la gare de la rejoindre en descendant le long de la falaise, il comprend enfin ce qui se passe depuis ce matin : des milliers d’oiseaux sont rassemblés sur les rambardes et le trottoir, et couvrent le sol en donnant l’illusion d’un étrange tapis multicolore. Le tout dans un étonnant et impressionnant silence. Ils forment une immense masse compacte, et semblent attendre un quelconque événement, de même que les nombreux badauds qui se sont arrêtés pour les observer. Chacun y va de sa tentative d’explication, mais personne ne se souvient avoir jamais observé un tel phénomène. Les humains, en tous cas, se tiennent à distance respectable, curieux et légèrement craintifs, et n’osent pas bouger. De différentes tailles, les moineaux, pigeons, merles, pies buses et autres espèces sont mélangés et remuent nerveusement leurs pattes et leurs becs. Ce sont d’ailleurs là, outre les chuchotements de quelques témoins, les seuls sons qu’on puisse entendre.

Quelques policiers municipaux sont présents également, mais en qualité de témoins plutôt que pour maintenir l’ordre. Et aussi des enfants sur le chemin de l’école, et les clients des cafés alentour, qui ont quitté leur table avec leur tasse à la main. À gauche d’Anthony, une vieille dame qui chaque matin distribue du pain aux pigeons, tente d’engager la conversation avec lui : « Le monde ne tourne plus rond, vous le voyez bien ! Les oiseaux sont très sensibles. S’ils sont venus là, c’est qu’un événement important est sur le point de se produire. Ils vont fuir, croyez-moi. Je suis sûr qu’ils vont tenter de rejoindre les montagnes. Pourquoi, je n’en ai aucune idée… Mais cela n’augure rien de bon ! Un étourneau qui prend des airs de grand migrateur, ça signifie que la nature est foutue. Et nous aussi, par la même occasion. » Ne sachant quoi répondre, Anthony se contente de soulever les épaules et lui sourire poliment. En son for intérieur, en tous cas, il est tenté de lui donner raison. Et si une catastrophe majeure était sur le point de se produire ? L’éruption d’un volcan, un tremblement de terre… Voir tous ces oiseaux réunis et mélangés, malgré leurs différences de corpulence, est un spectacle saisissant. Que se passe-t-il ?

À sa droite, il découvre sur le tard qu’un homme d’une soixantaine d’années, habillé avec un certain standing, cherche à attirer son regard. En s’amusant, il lance quelques grimaces laissant comprendre ce qu’il pense de la vieille femme : une folle. Puis il se penche à l’oreille d’Anthony : « Pourquoi pas la fin du monde, pendant qu’elle y est… Quoique d’un niveau modeste et amateur, je suis un peu ornithologue à mes heures perdues. Je peux vous confirmer qu’effectivement ce genre de phénomène est extrêmement rare. Toutefois, il arrive que d’immenses groupes d’oiseaux se réunissent et volent ensemble dans les airs, sans que nous sachions bien pourquoi. Le plus souvent, mais pas toujours, ce sont des techniques de chasse, dans des moments de disette… Aujourd’hui, je n’en ai aucune idée… Ce qui me perturbe, toutefois, c’est que plusieurs espèces soient réunies. D’habitude, elles ne se mélangent pas. À mon avis, tout cela a à voir avec l’inversion des pôles magnétiques. On minimise l’importance de cela, mais il s’agit d’un bouleversement important pour notre écosystème. J’ai l’impression que ces oiseaux sont un peu perdus, et sont venus ici pour prendre une décision. On ne les entend pas piailler, certes, mais vous pouvez me croire : ils délibèrent. Tout finira par rentrer dans l’ordre. Ne croyez pas cette vieille peau, rien de grave ne se prépare : il ne suffit pas de distribuer chaque matin des croûtons de pain aux pigeons pour les comprendre. Au lieu de perdre son temps à tout surinterpréter, elle ferait mieux de s’accorder une douche, ne serait-ce qu’une fois par semaine… »

Effectivement, l’hygiène de la vieille femme laisse à désirer. De même que son allure générale : des fripes sales et trouées, des cheveux désordonnés, un regard exorbité, des mâchoires presque sans dents, et de nombreux sacs plastique remplis d’on ne sait quoi pendant à chacun de ses bras… Instinctivement, c’est évidemment à l’homme distingué qu’on accorde sa confiance. Celui-ci en est parfaitement conscient, d’ailleurs, et attrape avec des manières légèrement forcées sa montre gousset. Si Anthony prend soin en permanence de passer inaperçu, ce n’est pas le cas de cet élégant promeneur à l’allure de lord anglais… Mais la dame, sans s’adresser à qui que ce soit directement, s’exprime à voix haute : « Ça y est. Ils vont partir ! ». À peine s’est-elle tue, un immense vrombissement se fait entendre dans le ciel et tous les badauds se retournent en même temps : derrière eux, un incroyable nuage d’oiseaux composé de plusieurs dizaines ou centaines de milliers d’individus, remplit l’espace et projette une ombre soudaine sur le trottoir. Ils passent au-dessus des promeneurs dans un flot ininterrompu, et sans le moindre croassement ou piaillement eux non plus. Leurs ailes, en revanche, produisent un bruit considérable et étouffent la moindre réaction humaine. C’est à peine si on entend parfois un « Oh ! » strident s’échapper de la masse de témoins, qui pour la plupart se contentent d’observer la scène sans émettre la moindre réaction, comme sous le choc.

Au bout de une à deux minutes de ce passage ininterrompu, de petits espaces commencent à apparaître entre les différents spécimens, et c’est là sans doute le signe qu’attendaient ceux postés sur la promenade depuis tout à l’heure. Sans que le moindre signal de départ soit donné, ils s’élancent tous en même temps et se mêlent à leurs congénères, dans une longue procession. Petit à petit, le vacarme baisse et la lumière cesse d’être cachée par ces ombres en mouvement. La Promenade des Pyrénées reprend une apparence normale, au détail près des quelques ailes dispersées sur le sol, et des nombreuses fientes recouvrant le trottoir et les vêtements des malheureux témoins, encore ébahis par le spectacle auquel ils viennent d’assister. Comme en chœur, tous s’exclament : « Ça, alors ! » ou répètent en boucle le mot « Incroyable ». Quant à la vieille dame, elle se dirige encore une fois vers Anthony, et lui lance avec du feu dans les yeux une terrible prophétie : « L’apocalypse… Rien de nouveau sous le soleil. Déjà dans la bible, ils l’annonçaient… C’est fini. On est foutus. »

Cherchant un peu de réconfort, le jeune homme se tourne vers le vieux monsieur qui, tout à l’heure, a partagé avec lui ses théories. Celui-ci a encore les yeux fixés sur l’immense nuage d’oiseaux, désormais lointain, et semble chercher désespérément une explication. En se sentant observé, il se contente de partager avec Anthony ses réflexions, avec toutefois moins d’assurance que précédemment : « C’est vers les Pyrénées qu’ils se dirigent. Ils cherchent le froid. Ça pourrait confirmer la thèse d’une réaction à l’inversion des pôles magnétiques, peut-être… J’espère qu’ils reviendront vite. Sans eux, tout partirait en peau de boudin, si vous me permettez l’expression. Qu’ils disparaissent quelques jours, en plein du milieu du printemps, et vous verrez comme cet été nous serions infestés de moustiques. Mais ne vous inquiétez pas, cette nuit ils dormiront dans leur nid habituel. Ils sont partis faire un tour, rien de plus. J’aimerais bien toutefois être capable de m’expliquer le pourquoi de la chose. Une belle envolée, en tous cas, vous avez vu ? La nature n’a rien inventé de plus beau qu’un oiseau déployant ses ailes pour régner dans les airs. Alors quand ils sont des milliers en simultané… Oh ! Ils ne vous ont pas raté… Vous êtes recouvert de leurs déjections… ». Et en observant sa chemise, Anthony découvre, épouvanté, qu’elle est pleine de ces horribles taches blanches. Puis, pire encore, en se passant la main dans ses cheveux et même dans sa barbe, il comprend qu’aucune partie de son corps n’a été épargnée…

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